
Parti communiste français parti politique : histoire et rôle
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Le Parti communiste français, parti politique fondé en décembre 1920 au congrès de Tours, reste l'une des plus anciennes formations de la gauche française en activité. Comprendre le parti communiste français parti politique, c'est remonter à la scission de la SFIO, suivre ses dirigeants de Thorez à Fabien Roussel, lire son programme et observer sa place actuelle face à la France insoumise, au parti socialiste et à l'extrême droite. Le PCF a compté jusqu'à 300 000 adhérents dans les années 1930 et rassemblé 28% des voix en 1946. Un siècle plus tard il pèse moins lourd dans les urnes mais conserve un ancrage territorial fort et un réseau militant actif.
- Le PCF naît au congrès de Tours (25-30 décembre 1920) par scission de la SFIO et adhésion à la IIIe Internationale.
- Apogée électorale : 28,26% aux législatives de 1946, 300 000 adhérents en 1936.
- Secrétaires successifs : Thorez, Rochet, Marchais, Hue, Buffet, Laurent, Roussel (depuis 2018).
- Programme commun signé avec le PS en 1972, participation au gouvernement Mauroy puis Jospin.
- Déclin électoral depuis 1981 : 2,28% pour Roussel en 2022. 42 000 adhérents revendiqués en 2023.
Les origines du PCF, du congrès de Tours à la SFIC
Le Parti communiste français naît pendant le congrès de Tours, qui se tient du 25 au 30 décembre 1920. À ce moment-là, la majorité des délégués de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) vote l'adhésion à la IIIe Internationale fondée par Lénine. Résultat : une scission du parti socialiste. Les partisans de Moscou partent créer la Section française de l'Internationale communiste (SFIC). Les minoritaires, emmenés par Léon Blum, restent dans la SFIO.
Le premier secrétaire de la nouvelle formation est Ludovic-Oscar Frossard. Marcel Cachin, directeur de L'Humanité, apporte son quotidien au parti, qui devient l'organe central. Dès 1921, le parti adopte officiellement le nom de Parti communiste, section française de l'Internationale communiste. L'appellation "Parti communiste français" s'impose dans l'usage au fil des années 1920, même si elle n'est officialisée qu'après la guerre. Le parti adhère totalement aux 21 conditions d'admission fixées par le Komintern, ce qui implique discipline, centralisme démocratique et alignement sur Moscou.
Le PCF de l'entre-deux-guerres au Front populaire
Les années 1920 sont celles de la bolchevisation. Le parti purge ses cadres réformistes, impose le centralisme démocratique et s'aligne sur les consignes du Komintern. Maurice Thorez prend la tête du parti en 1930 et défend la ligne "classe contre classe", qui assimile les socialistes à des "sociaux-fascistes". Cette stratégie isole le PCF électoralement.
Tout change en 1934. Face à la montée du fascisme en Europe, Moscou change de pied. Le PCF négocie une alliance avec la SFIO et le Parti radical : c'est le Front populaire. Le 3 mai 1936, la coalition remporte les législatives. Le PCF obtient 72 députés et environ 1,5 million de voix. Il soutient le gouvernement Blum sans y participer. Le parti atteint alors 300 000 adhérents, un record historique. Les accords de Matignon, les congés payés et la semaine de 40 heures marquent cette période. Le pacte germano-soviétique d'août 1939 fait basculer le PCF dans l'illégalité : le parti est dissous, ses journaux interdits.
La Résistance et l'âge d'or électoral (1940-1956)
Après l'invasion de l'URSS par l'Allemagne nazie en juin 1941, le PCF bascule dans la Résistance armée. Il y joue un rôle majeur à travers les Francs-tireurs et partisans (FTP). Le parti se réclamera longtemps du titre de "parti des 75 000 fusillés", chiffre symbolique plus que strictement comptable. Benoît Frachon structure l'appareil clandestin dans la zone sud et coordonne avec la France libre de Londres.
À la Libération, le PCF sort auréolé. En novembre 1946, il obtient 28,26% des voix aux législatives, devenant le premier parti de France en nombre de suffrages. Ses ministres participent aux gouvernements de tripartisme (PCF, SFIO, MRP) entre 1944 et mai 1947, date à laquelle Paul Ramadier renvoie les ministres communistes. Cet épisode ouvre plus de trois décennies d'opposition. Le rapport Khrouchtchev de 1956, qui dénonce les crimes de Staline, fragilise mais ne brise pas la fidélité du parti à Moscou.
Les dirigeants historiques du Parti communiste français
Maurice Thorez incarne le PCF de 1930 à sa mort en 1964. Figure tutélaire, il porte un stalinisme assumé et tient le parti d'une main de fer. Waldeck Rochet lui succède comme secrétaire général de 1964 à 1972. Il tente une ouverture prudente, ose condamner l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968, mais tombe malade et cède sa place.
Georges Marchais dirige le parti de 1972 à 1994. Sa secrétairerie est marquée par la signature du Programme commun avec le parti socialiste et les radicaux de gauche en juin 1972, par une tentative d'eurocommunisme (prise de distance avec Moscou au XXIIe congrès de 1976) et par la candidature à la présidentielle de 1981 (15,3% au premier tour). Robert Hue lui succède de 1994 à 2001, engage la "mutation" du parti et rompt officiellement avec le modèle soviétique. Marie-George Buffet (2001-2010), Pierre Laurent (2010-2018) et Fabien Roussel (depuis 2018) assurent la direction contemporaine. Roussel, député du Nord, porte une ligne populaire, productiviste, assumant le nucléaire et la relocalisation industrielle.
Programme commun et union de la gauche
Le Programme commun signé le 27 juin 1972 par le PCF, le PS rénové par François Mitterrand et les Radicaux de gauche est un jalon majeur. Il prévoit des nationalisations, une planification démocratique, la retraite à 60 ans et une réforme fiscale redistributive. Sur le papier, c'est une victoire idéologique communiste. En pratique, c'est le PS de Mitterrand qui capte les dividendes électoraux. En 1981, François Mitterrand remporte la présidentielle et le PCF n'obtient plus que 15,3% au premier tour, contre 21,3% à Jacques Duclos en 1969.
Le parti entre ensuite au gouvernement Mauroy (1981-1984) avec quatre ministres, puis en sort après le tournant de la rigueur. Deuxième expérience gouvernementale : la gauche plurielle de Lionel Jospin (1997-2002). Marie-George Buffet occupe le ministère de la Jeunesse et des Sports. Mais le parti paie chèrement cette participation : Buffet ne recueille que 1,93% à la présidentielle de 2007.
Le déclin électoral depuis les années 1980
La trajectoire du PCF depuis 1981 est celle d'un rétrécissement continu. L'effondrement de l'URSS en 1991 retire au parti son horizon idéologique. La désindustrialisation détruit ses bastions ouvriers (Nord, banlieue rouge parisienne, cités minières). La montée du FN capte une partie de l'électorat populaire. Enfin, la création du Parti de gauche (2008) puis de la France insoumise (2016) par Jean-Luc Mélenchon siphonne l'électorat radical.
| Année | Candidat | Score 1er tour |
|---|---|---|
| 1969 | Jacques Duclos | 21,27% |
| 1981 | Georges Marchais | 15,35% |
| 1988 | André Lajoinie | 6,76% |
| 1995 | Robert Hue | 8,64% |
| 2002 | Robert Hue | 3,37% |
| 2007 | Marie-George Buffet | 1,93% |
| 2012 / 2017 | Soutien à J.-L. Mélenchon | Pas de candidat PCF |
| 2022 | Fabien Roussel | 2,28% |
Le parti conserve toutefois des fédérations solides, des élus locaux nombreux et un réseau associatif dense.
Le PCF aujourd'hui, entre GDR et gauche unitaire
À l'Assemblée nationale, les députés PCF siègent dans le groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), qu'ils partagent avec des élus ultramarins et écologistes. André Chassaigne, élu du Puy-de-Dôme, préside le groupe depuis plusieurs législatures. Au Sénat, Ian Brossat, ancien adjoint à la mairie de Paris, porte la voix du parti depuis 2023.
Fabien Roussel, secrétaire national, défend une ligne singulière à gauche : réindustrialisation, nucléaire civil assumé, souveraineté économique, République laïque ferme. Cette ligne le place en tension avec la France insoumise sur plusieurs dossiers. Le PCF a néanmoins rejoint la NUPES en 2022 puis le Nouveau Front populaire en 2026 pour les législatives, en conservant ses propres candidats dans ses bastions historiques.
La place du PCF dans le paysage politique français
Face à la France insoumise, le PCF joue une partition à la fois rivale et alliée. Rivale sur l'électorat de gauche radicale, sur la présidentielle, sur le leadership idéologique. Alliée quand il s'agit de barrer la route à l'extrême droite ou de coordonner des campagnes législatives. La relation avec le parti socialiste est plus apaisée depuis que le PS s'est affaibli. Avec EELV, les convergences sont ponctuelles, les divergences fortes sur le nucléaire.
Aux élections municipales, le PCF reste solide dans la "ceinture rouge" parisienne (Ivry, Vitry, Malakoff, Nanterre, Saint-Denis pendant longtemps), dans plusieurs villes du Nord et du Pas-de-Calais, et dans quelques fiefs du Sud. Ces bastions locaux, souvent gérés depuis plusieurs décennies, donnent au parti un ancrage territorial qui survit à ses faibles scores nationaux. Le parti revendique environ 42 000 adhérents en 2023, loin des 300 000 de 1936 mais suffisamment pour maintenir un appareil actif.
Pourquoi l'iconographie communiste fascine encore
Un siècle après le congrès de Tours, la faucille et le marteau, l'étoile rouge, le portrait du Che et les affiches de propagande soviétique continuent de circuler bien au-delà des militants PCF. Cette iconographie est devenue un patrimoine visuel partagé : étudiants en histoire, amateurs d'art graphique, collectionneurs d'objets vintage, nostalgiques de la gauche unitaire ou simples curieux s'approprient ces signes.
Chez Communist Universe, on retrouve cet héritage dans les affiches communistes d'époque réimprimées, les t-shirts communistes au logo historique, les drapeaux communistes et l'ensemble de la gamme vêtements communistes. Que tu sois militant, étudiant ou simple amateur d'histoire politique française, ces pièces donnent corps à un siècle de luttes.



